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Le numérique pour faire converger bâtiment et mobilité

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Onze tonnes de CO2 par an : telle est l’empreinte carbone d’un ménage en France. Sachant que le logement et la mobilité contribuent à parts égales à plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre, il est urgent de conjuguer les efforts des secteurs du bâtiment et de la mobilité. Au sein de la Smart Buildings Alliance (SBA), la commission R2S 4 Mobility, coordonnée par Claude Ricaud, consultant au groupement des entreprises de la filière électro-numérique GIMELEC, œuvre dans ce sens.

La SBA réfléchit à cette convergence depuis plus d’un an, avec l’objectif de permettre l’intégration des services numériques et énergétiques du bâtiment pour la mobilité. « Dans cette perspective, nous avons travaillé sur la mise au point d’un cadre méthodologique, afin de donner les moyens aux acteurs de l’immobilier de l’organiser dans une démarche structurée, confie Claude Ricaud. Aujourd’hui, la mobilité décarbonée décolle et tous les constructeurs automobiles annoncent des offres de véhicules électriques. En conséquence, dans les 2 ans à venir, la pression sur les gestionnaires et exploitants de bâtiments va devenir colossale, pour installer des infrastructures adaptées, qui vont au-delà du simple équipement de bornes. »

Aujourd’hui, 90 % de la recharge des véhicules électriques s’effectue à domicile ou au travail. Il est donc logique que la mobilité s’intègre à l’infrastructure des bâtiments. Dans ces conditions, il conviendra de piloter intelligemment les recharges des véhicules électriques pour ne pas risquer de surcharger le réseau électrique du bâtiment. « Pour organiser ce pilotage et permettre aux systèmes numériques de communiquer entre euxon comprend l’urgence de mettre en place une démarche R2S pour connecter les bâtiments et gérer l’énergie en temps réel. Ou même mieux : proposer un cadre de référence dédié à la mobilité – R2S 4 Mobility – pour permettre aux bâtiments d’offrir tous les services nécessaires à l’électromobilité » déclare Emmanuel François, Président de la SBA.

LE CADRE DE RÉFÉRENCE R2S 4 MOBILITY POUR ANTICIPER ET ACCOMPAGNER LA CONVERGENCE BATIMENT-MOBILITE

Lancé au mois de juin 2021, le cadre de référence R2S 4 Mobility est une extension servicielle du label R2S portant sur les Infrastructures de Recharge pour Véhicules Electriques ou hybrides rechargeables (IRVE) installées dans les bâtiments résidentiels et tertiaires.

R2S 4 Mobility permet de qualifier l’infrastructure de recharge déployée dans les bâtiments pour accompagner le développement de l’électromobilité. Il établit les dispositions à mettre en œuvre dans le bâtiment pour les IRVE en les structurant autour d’un indicateur
Smart EV-Scoring, doté de 4 niveaux (D, C, B, A) marquant des exigences croissantes pour l’équipement et les services délivrés.

Le niveau D garantit le respect des exigences réglementaires applicables aux bâtiments neufs ou pour les rénovations importantes, et fixe un premier niveau de pré-équipement.
Le niveau C ajoute des exigences de déploiement de l’IRVE, tant pour la fourniture de puissance que pour la communication.
Le niveau B complète les exigences de gestion intelligente de la recharge.
Le niveau A atteste des services rendus par l’IRVE au bâtiment, jusqu’à la capacité de «Vehicule To Grid » ou «Vehicule To Building » (V2X).

Le cadre de référence R2S 4 Mobility classe les qualités associées aux IRVE selon le niveau
Smart EV-Scoring visé, en 5 sous-thèmes :

  • Pré-équipement et dimensionnement ;
  • Equipement initial ;
  • Fonctionnalités de l’IRVE ;
  • Interopérabilité et Evolution ;
  • Exigences générales : Qualité et conformité.

 

Plus le niveau de scoring est élevé, plus les services offerts sont riches. Ainsi, au niveau B, le pilotage intelligent est opérationnel ; au niveau A, la recharge permet d’exploiter et de vendre la capacité de stockage des batteries des véhicules.

Le respect du référentiel R2S4Mobility sera une garantie majeure de la performance et du niveau des services fournis. Toutes les mobilités sont prises en compte, y compris les 2 roues. Par ailleurs, le cadre de référence est technologiquement neutre : la charge peut être normale à 3 KVA ou à 22 kVA, elle peut être rapide en DC, La communication peut être par fil ou sans fil, etc.

« Avec ce cadre de référence, notre ambition est de donner les moyens aux acteurs du bâtiment d’engager le déploiement des infrastructures nécessaires à la mobilité électrique, dans une démarche structurée, avec une architecture technique satisfaisant les exigences court et moyen terme et une mise en œuvre progressive, conclut Claude Ricaud. Nous collaborons actuellement avec Certivéa pour élaborer un label sur la base du cadre de référence que nous avons défini et pour le soumettre à l’épreuve du terrain sur des projets pilotes au cours de 2021. »

Cette convergence bâtiment-mobilité est aujourd’hui nécessaire pour réussir la transition énergétique et réduire l’empreinte carbone globale.

 

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